Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 14:39

Les nouvelles armes prétendument non létales de la police... une réalité d’un futur proche

 

Les armes non létales (ANL), nouveaux jouets des policiers entre le revolver et la matraque, seront de toutes les manifestations d’ici à quelques années. Et nous pouvons gager qu’une réflexion comme : « Putain, j’ai été tasé lors de la manif’ ! », sera banale pour un étudiant de demain. Entre le Taser X 26, testé dès 2004 dans l’agglomération lyonnaise, véritable laboratoire sécuritaire, et le mini hélicoptère qui tire des cartouches incapacitantes, le mythe du sifflet et de la matraque est plus que jamais de l’histoire ancienne.

Les bâtons Ils feront toujours partis de l’équipement de la police : Tonfa, Bâton de défense et Bâton télescopique de défense impriment une douleur pour ramener une personne "à la raison". Ils seront toutefois équipé d'électronique pour ascener des décharges et de microseringues permettant d'incapaciter par injection d'anti-neurotransmetteurs de synthèse

Taser X26 C’est le fameux Pistolet à Impulsion Electrique (PIE) tant décrié. Equipé d’un viseur laser, il tire un projectile duquel se déroulent deux fils dotés de crochets qui s’agrippent à la cible. Le tout, relié à une batterie, provoque des impulsions électriques de 5000V et entraine des lésions nerveuses et contractions musculaires incapacitantes. Les décharges sont limitées à 5 secondes. Taser décline ce fonctionnement dans toutes ses armes. La société fait un lobying très actif dans certains milieux politiques proches du pouvoir.

Lanceurs Le Cougar, Flash-ball LSBD, LBD 40mm et Gomme-Cogne Cal 12 envoient à une distance de 5 à 50 mètres un projectile dont la nature même empêche de pénétrer la peau.

Quadri France Le Quadri est un mini hélicoptère doté de quatre moteurs. L’appareil peut tirer des cartouches incapacitantes. Il permet au policier de surveiller une zone depuis un poste de commandement. La présence de ce dernier sur le terrain n’est pas requise.

T-rad C’est une sentinelle permettant de surveiller une zone grâce à un système vidéo et un scanner. Si un intrus est repéré, l’appareil lui intimera de ne pas continuer son chemin. Dans le cas contraire, la personne recevra une décharge de Taser.

V-MADS Vehicle-Mounted Active Denial System. Le VMADS est un canon à micro-ondes (95 GHz) monté sur un véhicule, dont le faisceau entraîne des effets comparables à ceux d’un steak décongelé au four à micro ondes en pénétrant la peau jusqu’à 1cm de profondeur. La peau peut monter jusqu’à 65 degrés, provoquant une douleur violente par brûlure. De quoi contraindre un assaillant à lâcher illico son arme. Avantage crucial, il fonctionne jusqu’à 500 mètres de distance. Des études de miniaturisation pour rendre l'arme portable sont en cours.

JPX Protector Fabriqué par la société suisse Piexon, il concurrence Taser sur le marché mondial. Il se compose d’un viseur laser et tir une munition qui est un concentré de piment. A la place du piment il est envisagé d'utiliser un gel contenant des substances chimiques révulsives provoquant des brulures de la peau. La police allemande et japonaise seraient intéressées. En Suisse, il est testé dans certains cantons.

I Robot Petit robot monté sur chenilles pour surveiller une zone. La version française de l’engin est dotée d’un I Pistol qui utilise des munitions de calibre 12 appelée TAD : une petite ogive qui va de 20 à 60 mètres.

Fusil X-rep C’est un fusil qui tire des cartouches de calibre 12 disposant de la technologie Taser. Cette munition peut aussi être tirée à partir d’un fusil de chasse ou à pompe.

ELSA Engin Léger de Surveillance Aérienne (ELSA). Proposé par la société nantaise Sirehna, cet appareil sera utilisé pour la surveillance d’une zone. Il vole durant 40 minutes sur un rayon de 2 km à une altitude de 150 à 500 mètres, il peut embarquer différents types de caméras et se pose en sérieux concurrent du Quadri.

source : http://societe.fluctuat.net/diapora…

Plus d’info sur les futur armes en dévellopement : http://www.ramassi.net/index.php/20…

 

 

Dans un contexte de surveillance totale des personnes, le développement de ces armes pour des missions de simple police montre s'il en était besoin, combien la dérive sécuritaire nous conduit tout droit vers une société de nature profondément fascisante dont les comportements policiers ne constituent que la partie émergée de l'iceberg.



Par flicsripoux
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Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 13:59

DES LOIS SUR MESURE

 

L'historique de la loi Perben II  lors de sa navette entre le Sénat et la Chambre des députés en 2002, illustre ladmirablement la réalité de la machine judiciaro-policière : cruelle pour les humbles, extra-souple pour les puissants. Il est vrai que ce sont eux qui taillent les lois sur mesure, avec un aplomb hors du commun.

Le commissaire a quelque chose à cacher.

Dans plusieurs pays, tous les interrogatoires qui ont lieu pendant une garde à vue sont enregistrés, sur des bandes infalsifiables. Lors des procès, ces bandes constituent une pièce de procédure à laquelle il est toujours possible de se référer. Un projet de loi prévoyait de faire la même chose en France. Cette mesure semblait tellement logique et normale aux députés que, le 10 février, ils l’ont adopté,-événement très rare- à l’unanimité. Aussitôt, les syndicats de flics et certains syndicats de magistrats se sont déchaînés. Leur violente opposition, les appuis qu’ils ont immédiatement trouvé dans la classe politique, ont fait voler en éclat ce projet, les députés n’hésitant pas à se renier et à rejeter le texte qu’ils avaient adopté. Jospin lui-même a donné le ton en disant qu’il n’était pas favorable aux enregistrements.

Pourquoi ce reniement ? Deux arguments sont avancés par les flics et repris par les politiciens pour refuser les enregistrements. Aucun des deux ne tient la route. Le premier est qu’il serait trop coûteux de mettre un magnétophone dans chaque pièce où se font des interrogatoires. Cet argument est tellement ridicule qu’on s’étonne qu’il ait pu être utilisé. Le prix de tels équipement, même d’excellente qualité, est en effet insignifiant au regard des fortunes que coûte chaque année le budget d’équipement de la police (le prix des armes et des protections d’un seul CRS permettrait d’équiper en magnétophones plusieurs dizaines de commissariats !). Le deuxième argument est que la personne interrogée pourrait crier pendant l’interrogatoire uniquement pour faire croire qu’on la frappe. La réponse à ce dernier argument est toute simple : il suffit de remplacer le magnétophone par une caméra vidéo. Dans notre pays, il y a des caméras vidéo partout dans les lieux publics, dans les rues, dans les grands magasins, dans les facs, les postes, même dans des parcs ou des piscines... Il serait curieux que le seul endroit où il serait trop coûteux et difficile d’en mettre soient les commissariats et des gendarmeries !

Si les policiers ne veulent pas entendre parler des enregistrements vidéos dans les commissariats (eux qui photographient, filment, notent, enregistrent écoutent les lignes téléphoniques ...), on ne nous fera pas croire que c’est par soucis de protéger leur intimité ! Il est clair que c’est parce qu’un certain nombre de leurs pratiques ne sont pas avouables.

Un exemple édifiant nous est donné dans le numéro de Marianne du 17 avril 2000. Ce journal, très proche du ministre de l’intérieur et de la police, nous en apprend une qui devrait faire réfléchir tout le monde : Joël, un fermier de 22 ans résidant à Sauvoy (Meuse), a été condamné selon la procédure d’urgence dite de comparution immédiate à quatre ans de prison, dont un ferme (qu’il a purgé pour moitié) pour "vol avec violence". L’affaire se complique quelques mois plus tard : deux braqueurs sont arrêtés, ils avouent, entre autres, le coup pour lequel notre fermier a été condamné. Le pot-aux-roses est découvert. Toute l’histoire de Joël a été montée de toutes pièces par les gendarmes. N’ayant pas trouvé d’arme chez Joël, pour crédibiliser la déposition, ils inventeront même une histoire de pistolet-jouet, supposé appartenir au fils de Joël, que ce dernier aurait utilisé pour son attaque La question est : pourquoi Joël a-t-il "avoué" ? La réponse nous est donnée par Marianne elle-même "quelques insultes, quelques torgnoles" (sûrement plus que "quelques torgnoles"), la promesse d’une condamnation légère, et Joël a craqué, prêt à tout pour mettre fin à son supplice, prêt à signer n’importe quels aveux pour qu’on arrête de le frapper. Et c’est bien pour ça que les flics ne veulent pas d’enregistrements.

La vigueur de l’opposition policière à cette loi autorise à penser que les "méthodes" employées dans cette gendarmerie tranquille de la Meuse sont infiniment plus répandues dans tout  ce pays que d'aucuns veulent bien l'admettre.

Ces irresponsables qui nous gouvernent.

Deuxième débat en cours au parlement : celui sur la responsabilité des élus. Après s’être largement auto-amnistiés de leurs délits au cours de précédentes législatures, les parlementaires préfèrent prendre les devants et se concoctent un texte aux petits oignons. La loi qu’ils préparent prévoit qu’en dehors de rarissimes exceptions, ils ne pourront plus être poursuivis pour les fautes qu’ils commettent dans leur gestion. Il était déjà difficile de poursuivre un élu, cela deviendra quasiment impossible. Si une nouvelle affaire du sang contaminé éclate, ils ne seront pas responsables. Si les volontaires qui ont nettoyé les résidus pétroliers de l’Erika attrapent un cancer, ils ne seront pas responsables non plus. Quelle que soit la catastrophe écologique, économique, sociale dans laquelle ils nous précipitent, les élus proclament par avance qu’ils n’auront aucune responsabilité ! Ce faisant, les politiciens se définissent eux-mêmes avec beaucoup d’exactitude : ils sont des irresponsables. De dangereux irresponsables.

 

 

« La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

                                   Article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789


 

 

Par flicsripoux
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 17:49

 

Périodiquement, quand l'occasion se présente, certains semblent découvrir l’existence des fichiers de police... Incroyable non, au pays de la liberté et des droits de l’homme réunis ? Des fichiers de police ? Ça existe encore ? Noooonnnnn ? ... et voilà nos bon petits républicains, qui partent en croisade contre EDVIGE.

 

De fait, ces fichiers méritent pleinement qu’on s’y intéresse et qu’on fasse tout pour les éliminer. La volonté de contrôle de la vie privée et de la vie publique qu’ils recèlent est réellement immonde. Le sentiment d’écoeurement, la nausée qui saisit toute personne censée qui prend connaissance de tout ce qui va y être fiché est salutaire.

 

Edvige, ... le joli prénom ! Mais comment donc s’appelait-il donc ce fameux fichier ; vous savez bien, l’autre, celui qui répertoriait tous les Juifs de France ? Elaboré sous l'occupation avec l’aide de la Gestapo, ce fichier n’a pas été détruit après la guerre. Des fonctionnaires de police français, certainement soucieux de bonne gestion l’ont soigneusement conservé dans leur préfecture, "au cas où" probablement. Comme quoi, l’habitude des fichiers ignobles ne date pas d’hier... Il fut "malencontreusement" mis à jour par un fonctionnaire naïf dans les années 80, qui s’en indigna et le fit savoir... On nous dit qu’il a été détruit... à moins qu’on ne découvre qu’il est en voie de fusion avec Edvige ? Car Edvige aime savoir si vous êtes juif ou d’une autre religion, si vous avez la moindre activité économique, sociale, politique, syndicale. Tout l’intéresse. Même les "institutionnels", les "élus" sont visés. C’est dire le niveau de confiance que les politiques s’accordent entre eux ! Et il n’y a pas d’âge, ou presque pas, pour pénétrer dans Edvige : dès 13 ans, chacun peut y être fiché. Plus tôt encore selon les desiderata d'une garde des sceaux proche parente du crime .

 

Et ce n’est pas le seul fichier, un autre, ARDOISE répertorie toutes les infractions. Les auteurs supposés seront dedans. Et même les victimes, s’il y a un lien avec leur religion ou leur homosexualité. Comme par hasard. Edvige, Cristina... au moins on voit où ils veulent en venir. Les dénoncer est nécessaire. Mais insuffisant.

 

S’il ne s’agit que de rétablir "l’ordre républicain" précédent, si on oublie le reste, tout le reste, la police ne sera pas très perturbée dans ses mauvaises habitudes et le processus se poursuivra. Car, au nom de cette fameuse démocratie, avec l’appui des médias et de tous les partis politiques qui, depuis 15 ans ont martelé sur "l’insécurité", faisant monter la trouille, s’est installé, sans complexe, et continue de s’installer le contrôle total du monde : micros et caméras de surveillance dans les rues, les gares, les autoroutes, les parkings,... technologies pistables (téléphones et ordinateurs portables, cartes bancaires, GPS, étiquettes RFID, Carte d'identité biometrique INES lisible à distance... etc.), sans parler de la biométrie à l’école ou ailleurs. Et côté "échanges d’informations", légalement ou pas, les fichiers informatiques des uns sont connectés à ceux des autres, la police d’ici collabore avec celle de partout, la nôtre entraîne la police russe, comme l’armée française "formait" en son temps les militaires de Pinochet. Elle est sur-équipée, fiche tout le monde tandis que, "nos soldats" s’entraînent contre l’ennemi intérieur, c’est-à-dire contre les populations. Seraient ce de simples coïncidences ?

 

Bref, Edvige n’est pas la seule atteinte à la liberté. Elle ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt bien touffue des systèmes de surveillance et d’oppression mais le signal du début de la nécessaire "déforestation".

 

 

« La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

                                   Article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789


 

 

Par flicsripoux
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 17:44

Une femme, les yeux bandés, tenant d’une main une balance, brandissant de l’autre un glaive, telle est la représentation symbolique traditionnelle de la Justice... On sait depuis fort longtemps que le bandeau (qui devait initialement garantir l’équité du jugement, soustraire à toute influence l’arrêté du juge) n’a jamais été réellement opaque. La balance, elle aussi, est assez peut fiable. Elle aurait une fâcheuse tendance à toujours pencher du même côté (il y aurait en quelque sorte deux poids, deux mesures), quant au glaive, il retombe avec la constance régulière d’un automate, hélas, toujours sur les mêmes têtes.

Le rêve "étrange et pénétrant" d’une Justice juste, impartiale a hanté plus d’un législateur, plus d’un juriste au cours de l’Histoire. Comment restaurer du Juste dans un monde profondément injuste, voilà la chimère qu’ont poursuivi, notamment depuis le siècle des Lumières, tous les réformateurs ou étatistes de gauche soucieux d’établir à la fois un équilibre entre les trois pouvoirs (judiciaire, législatif et exécutif) et de protéger le citoyen-sujet des méfaits de l’arbitraire. Or, un contre-pouvoir quelqu’il soit est toujours nécessairement, intrinsèquement lié au pouvoir qu’il est censé contrebalancer. Entre ses deux fonctions -de défense de l’ordre établi d’une part, de protection du citoyen d’autre part- la Justice penche bien souvent en faveur de l’ordre. "Un chien de garde ne mord pas la main qui le nourrit". Vieux dicton paysan qui s’applique assez bien à la mission réelle de l’institution judiciaire...


Dura lex, sed lex

"Dura lex, sed lex" disaient déjà les Romains des premières républiques : la loi est dure, mais c’est la loi. Tous les jours, chacun peut s’apercevoir qu’en fait la loi s’appliquera avec plus ou moins de dureté, voire avec une souplesse caressante, selon le rôle ou la position que l’on occupe dans la société. Les policiers fautifs notamment semblent bien bénéficier de traitement de faveur. C’est ainsi que ces dernières années, un certain nombre d’entre eux, accusés d’avoir abattu par "inadvertance" -par "accident" en quelque sorte- des jeunes gens qui s’enfuyaient ou qui tentaient de s’enfuir, n’ont encouru que de faibles peines (un ou deux ans de prison avec sursis), certains ont même été relaxés, d’autres ont été promus dans la hiérarchie. Ils coulent sans doute des jours heureux, bien conscients d’avoir accompli leur devoir...

Voici quelques années, un militant fasciste tire sur le président de la République lors du défilé du 14 juillet. Au cours du procès, le procureur de la République (dont le rôle habituel est d’enfoncer le prévenu) demande, au cours de son réquisitoire, aux jurés de prendre en compte la jeunesse de l’accusé, son immaturité... Bref, le réquisitoire tourne au plaidoyer, le procureur abonde dans le sens de la défense. Si l’auteur des coups de feu avait été un jeune désireux de renouer avec la tradition de la lutte armée révolutionnaire ou un jeune rebelle des banlieues, le réquisitoire du procureur eût-il été le même ? Le verdict (7 ans) n’eût il pas été plus lourd, étant donné le chef d’inculpation (tentative d’assassinat sur la personne du président de la République) ?

Lors de la fameuse affaire Allègre, on a pu également prendre la mesure du profond souci de l’institution judiciaire de faire apparaître la vérité, toute la vérité. On se souvient du rôle assez trouble d’un substitut surgissant tout à fait opportunément dans un hôtel louche pour classer un meurtre en suicide, des experts assermentés soutenant brillamment que l’on pouvait fort bien se suicider en avalant sa petite culotte. On n’oubliera pas non plus combien la parole d’une prostituée est de peu de poids dans la fameuse balance. On voudra bien se dépêcher d’oublier une bonne vingtaine de disparues dont une association (de proches) essaie en vain de maintenir la mémoire. Mais il n’y a plus rien à voir. La Justice a tranché. Circulez.


Quand la justice fait acte de contrition...

La Justice aveugle ? sourde ? affreusement inéquitable ? certainement pas, puisqu’il lui arrive de reconnaître (quelques rares fois par siècle) qu’elle peut se tromper. Si elle admet ses erreurs, c’est donc que la plupart du temps la quasi-totalité des jugements qu’elle peut rendre sont parfaitement équitables : l’erreur judiciaire, c’est la malheureuse bavure, la malencontreuse exception qui vient confirmer l’excellence de la règle, c’est bien dans ce cadre qu’il faut resituer l’affaire d’Outreau. Dans un grand élan de sincère repentir, la Justice fait acte de contrition ; le Ministre "Garde des Sceaux", en personne, fait amende honorable, se confond en excuses et sort des biffetons (dans la stupide logique marchande, tout a un prix, même l’irrécupérable). Devant l’émoi suscité, il faut sauver la mise et tenter de faire oublier toutes les autres affaires qui ne connaîtront jamais une telle publicité, de river solidement le couvercle du silence sur tous ces dossiers qu’il faudrait ne jamais rouvrir. A peu de frais, la Justice va tenter de redorer son blason.


La Tour du Renard

Rappelons cependant et brièvement les faits. L’affaire débute en mars 2001 dans une petite cité du Pas-de-Calais, à Outreau, précisément à la "Tour du Renard" [1]. Un couple déjanté viole ses quatre enfants parfois en compagnie d’un couple ami. Les enfants X, appelons-les ainsi, extrêmement perturbés -et on les comprend bien- par les traitements qu’ils subissent, vont rompre le silence et accuser leurs parents. Ces petites victimes sans voix et sans recours vont bientôt se trouver au centre d’un auditoire attentif : en plus de leurs parents qui sont en fait leurs seuls bourreaux, ils accusent bientôt treize personnes du voisinage. Corroborés par les déclarations de leur mère, sévèrement mythomane, ces accusations entraîneront en prison (certains y passeront plus de quatre ans) ces innocents. Les accusateurs reviendront sur leurs déclarations et les accusés se verront enfin acquittés (7 d’entre eux se verront cependant condamnés une première fois, feront appel et devront attendre un second procès pour être finalement acquittés en mai 2005).

La Justice avouera s’être trompée et tentera une opération de réhabilitation. Vingt-cinq enfants (les enfants des accusés) auront été séparés des leurs parents, placés en familles "d’accueil" pendant des années, la plupart des accusés auront perdu travail et logement, l’un d’entre eux aura perdu la vie (il s’est suicidé en prison), tous auront ployé durant toutes ces années sous la charge particulièrement infamante de violeur d’enfants. A aucun moment le juge Burgaud, en charge de l’affaire, ne mettra en cause ni la parole des enfants, ni celle de leur mère. Il ne comprend pas que ces enfants psychiquement très éprouvés, toujours niés dans leur existence, ravalés au rang d’objets sexuels de leurs propres parents, accèdent enfin à la parole et retrouvent un peu d’identité, un peu d’existence en étant enfin écoutés par un auditoire attentif. Ils ne veulent évidemment pas que cette attention dont ils font enfin l’objet cesse brusquement. C’est pourquoi ils porteront toujours de nouvelles accusations.

Acquittement, puis réhabilitation solennelle des innocents ne suffiront pas à effacer le trauma dans l’opinion publique. Les médias, qui avaient largement contribué à orienter l’enquête sur la piste du "réseau pédophile", cherchent aussi à se dédouaner. La Justice, la "démocratie" en ont pris un coup : ces accusés innocents ressemblent à s’y méprendre à des tas d’autres gens qui se sentent soudain fort peu à l’abri d’une erreur judiciaire. Pour finir de panser la blessure, il va falloir sortir le grand jeu : la commission d’enquête parlementaire. On y entendra le juge Burgaud tenter fort maladroitement de se défendre. Nos excellents amis journalistes qui n’avaient pas de mots assez durs pour stigmatiser voici peu les infâmes pédophiles, qui chantaient hier encore à pleins poumons les louanges de ce jeune magistrat pugnace, se gausseront sans état d’âme de ce benêt de juge sans jugeote : volte face rapide et coutumière des plumitifs besogneux.


On ne juge pas un juge ?

La réaction de la magistrature, elle aussi, ne manque pas d’intérêt. C’est une véritable levée de boucliers sur le thème : on ne juge pas un juge. Le corporatisme le plus étroit s’étale dans cette défense échevelée d’un pair : la défense de "l’indépendance" et de la "souveraineté" de l’institution judiciaire contre la recherche de la vérité. Soucieuse avant tout de la protection de ses prérogatives, la magistrature n’est pas prête à renoncer aux pouvoirs qui sont les siens. Cette scandaleuse affaire d’Outreau, qui montre si besoin était, à quel point les juges d’instruction usent et abusent de leur arme favorite, la détention provisoire (13 mois d’attente en moyenne avant le procès [2]) n’aura apparemment pas ébranlé ces gardiens du temple.

Que les débats de cette commission aient lieu sous l’œil volontiers voyeur des caméras, n’est évidemment pas fortuit. Il fallait donner, à cette tentative de restauration de la Justice et du droit "démocratique" un écho à la mesure du dommage qu’ils avaient subis. Mais la mise en scène télévisuelle avait aussi un autre objectif : rappeler aux citoyens-sujets que ce monde (combien de fois faudra-t-il vous le répéter ! s’exaspèrent nos maîtres) est d’une infinie complexité et que des gens instruits et compétents (des juges, des experts hypnologues, psychologues, etc.) peuvent commettre des erreurs malgré toute leur science et leur indéniable bonne volonté... Mais que l’on se rassure, l’État est là, qui répare les fautes commises en son nom (il s’agit de l’État-Justicier, ce cavalier bien connu qui surgit de la nuit).

Si ce procès a fait couler tant d’encre, suscité tant de polémiques, nécessité une telle volonté de restauration du Juste, c’est bien sûr la matière même de l’affaire qui en est la cause. Que le juge ait suivi d’emblée la piste de la pédophilie en réseau n’est pas vraiment étonnant. Il est infiniment plus rassurant de présenter la pédophilie sous son aspect "crime organisé" plutôt que de convenir de sa réalité hélas plus "familiale" et donc plus répandue. Fondée sur le patriarcat, notre société s’émeut finalement que de tels "abus de pouvoir" puissent surgir au sein même de son noyau central, la Famille. Pourtant, c’est bien la même aberrante volonté de puissance qui anime le pater familias violeur et le détenteur officiel de pouvoir qui outrepasse ses limites.

Secrets monstrueux de famille ou secrets monstrueux d’État, les abus des Pouvoirs prospèrent toujours à l’ombre sinistre de l’Autorité. Les victimes se savent condamnées au silence. Bien souvent, leurs bourreaux bénéficient de l’impunité.

Dans un monde qui encense partout la domination, l’écrasement des faibles, la Justice apparaît pour ce qu’elle est réellement : la vitrine légale d’une machinerie répressive tragiquement ubuesque.

Gargamelle

 

 

« La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

                                   Article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789



[1] Il y a aussi la Tour des Merles, des Pinsons, des Mouettes, etc. On reconnaît bien là le cynisme des administrations qui n’hésitent pas à affubler de noms joyeux et printaniers des lieux qui ont pour fonction de n’apporter aucune joie.

[2] Des nationalistes corses viennent de passer sept ans en prison. Mis en cause dans l’affaire Erignac, il ont été innocentés. Comme ils devaient répondre d’une autre affaire (attentats à l’explosif), leur détention provisoire aura rétroactivement été justifiée. Ainsi va la Justice...

Par flicsripoux
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 17:29

DENI de JUSTICE :  Le Juge Criminel simplement réprimandé

 

 

— Non, mais je rêve ! Éclate mémé Georgette
— Qu’est-ce que t’as, Mémé ?
— Le juge Burgaud , le chérif en culotte courte , il vient d’être « réprimandé » par le CSM.
— Qu’est-ce que ça veut dire ?
— Qu’on lui a appliqué la peine la plus légère que puisse subir un magistrat.
— Pour l’affaire de pédophiles où tout le monde était innocent ?
— Ouais, un monstrueux pataquès : dix-sept personnes en taule, des vies saccagées, un suicide, des parents privés de leurs mômes, salis publiquement, qui traîneront toute leur vie ce cauchemar poisseux… Et lui, l’artisan du désastre, on le « réprimande » !
— T’aurais préféré qu’on le coffre ?
— Non, quoi que ça lui remettrait les idées en place, mais au moins qu’on le démette de ses fonctions. Qu’il aille vendre des carottes au lieu de continuer à jouer au chérif !
— Bah, l’erreur est humaine.
— Il y a aussi des cas où elle est inhumaine ! À aucun moment, Fabrice Burgaud n’a montré la moindre compassion envers ceux dont il a brisé l’existence. Pas un mot de regret, pas une excuse. Il est resté « droit dans ses bottes », comme dit la presse. Et pire que ça : aujourd’hui, c’est lui qui se fait passer pour un martyr !
— Comment ça ?
— Estimant que cette « réprimande » était imméritée, il fait appel. Et toute une partie de la corporation le soutient. Il y a même, tiens-toi bien, des étudiants de l’École Nationale de la Magistrature qui veulent donner son nom à leur promotion ! Ils disent qu’il « porte le chapeau » des dysfonctionnements de la « Justice »… Note bien que, sur ce point, je ne peux pas leur donner tort. Entre les services sociaux, les assistantes maternelles et les psychiatres de mes fesses, ils ont été une soixantaine à déconner plus les autres juges qui étaient sur l’affaire. Mais bon, c’était lui le chef d’orchestre, c’était à lui de veiller au grain !
— Pourquoi il l’a pas fait ?
— L’ambition, ma fille, l’ambition aveugle… Dézinguer un réseau de pédophiles, en début de carrière, ça en jette, pardi, sur un C.V. !

« La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

                                   Article 12 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789


 

 

 

Par flicsripoux
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